67% des Français n'ont plus confiance dans la politique (le Monde, 12/01/10)

Le site dolecologie.com n’a pas pour principe d’aborder strictement les problèmes politiques mais le chiffre ci-dessus est révélateur et mérite un commentaire : confusément sans doute, beaucoup d’électeurs sentent que les partis traditionnels n’ont pas de programme pour assurer l’avenir. L’avenir de leurs enfants, l’avenir de la planète et sa pérennité.

La première interrogation concerne la complexité du monde : comment des millions d’espèces végétales et animales interagissent-elles ? Nous ne le savons pas en détail et nous ne le saurons sans doute jamais, ce qui ne doit cependant pas nous décourager. Néanmoins, il apparaît que des programmes politiques centrés sur la réussite économique (droite libérale) ou privilégiant la société humaine (de la droite sociale à l’extrême gauche) ne tiennent aucun compte des interactions de la société avec le reste du monde vivant et des équilibres nécessaires, ces programmes sous-entendent de fait que les écosystèmes planétaires vont se plier aux exigences humaines. J’hésite entre la prétention, l’ignorance et la mégalomanie de leurs auteurs.

La deuxième interrogation, c’est le problème de l’énergie. En un siècle nous avons consommé l’énergie (en excès) que la nature a mis des millions d’années à stocker dans le sol et nous avons rejeté dans l’atmosphère des centaines de milliards de tonnes de gaz polluants (CO2, NOx, souffre, sans compter les gaz radioactifs). Comment imaginer que cela n’a pas d’effets négatifs majeurs ?

La troisième interrogation est : quel est le propre d’une société humaine ? Il est double : matériel et philosophique. Philosophique car notre cerveau permet de réfléchir, anticiper, refuser de subir les lois de la planète et bien d’autres choses encore. Matériel parce que les humains concentrent les matériaux (minerais > métal, terres améliorées par des intrants, etc.), c’est la réalisation de leurs aspirations. Mais tout bien pesé, nous changeons les données de l’équilibre planétaire.

 

L’écologie bien pensée (on essaie) est à contre courant de ces façons de voir et faire. Et pour garantir un avenir à notre planète et tous ceux qui y vivent, il est nécessaire de proposer un projet économique et sociétal qui intègre dès le départ ces contraintes (pas des mesures après coup pour « verdir »). Si on détruit un écosystème (construire une maison, une ville par exemple) il est absolument nécessaire de compenser en enrichissant d’autres de façon équivalente. Je vous laisse imaginer pour tout le reste, y compris notre place en proportion des autres espèces (combien notre planète peut elle supporter d’humains en fonction de leur capacité à détruire les équilibres que les mécanismes terrestres ne peuvent réparer).

L’homme n’est pas le centre du monde, et encore moins le maître du monde. Alors quand vous verrez un programme politique qui réponde intelligemment à ces problèmes, reprenez confiance et allez-y.