Manger bio, une polémique souterraine

 

"Manger bio n'apporte rien par rapport aux aliments conventionnels et c'est 25 % plus cher". Voilà une phrase dont la source est évidente, suivez mon regard, mais quel est la réalité ?

 

Biologiquement parlant,  non ça n'apporte rien de plus mais :

v      surtout ça n'apporte pas de produits chimiques étrangers dont le stockage cumulatif dans le corps humain est source de dangers avérés pour la santé.

v      Ça n'empoisonne pas les agriculteurs, les terres et les populations environnantes.

On peut distinguer 2 cas :

v      La nourriture (viande, légumes) est produite de façon traditionnelle, en respectant l'animal et la plante (dont les variétés adaptées aux terroirs), les saisons, les terres agricoles et ses équilibres. Dans ce cas, l'aliment contient globalement moins d'eau (pas de forçage), il y a plus de nutriments aux 100 g, l'aliment est plus goûteux et la quantité nécessaire est moindre. Et le biotope des terres s'enrichit durablement.

v      La nourriture est produite avec les mêmes méthodes que l'agriculture intensive (serres chauffées, variétés hybrides, etc.). Et en plus elle est souvent importée, concluez vous-même, c'est du "green washing".

 

Le "green washing", littéralement "lavage vert" est la récupération par le secteur marchand d'une idée hors circuits de la grande finance.

Et enfin, last but not least (1), ceux qui nous parlent de croissance, y compris croissance de la population, notre planète est déjà en surpopulation (2) ce qui OBLIGE aux cultures industrielles (on parle même d'usines à légumes (3)) pour nourrir tout ce monde.

 

Et enfin, une véritable étude écologique doit parler du coût global : quand on mange « bio », on paie la facture, toute la facture, mais quand on mange « agriculture industrielle », on ne paie pas pour la pollution de 90 % des rivières, des nappes phréatiques, les algues vertes, ni pour les maladies professionnelles des agriculteurs et des ouvriers dans les usines de traitement, etc.

 

On nous emprisonne dans une obligation de pensée sans possibilité de marche arrière, on nous met devant le fait accompli et on veut nous interdire de sortir de cette spirale infernale et traiter de rigolos ceux qui refusent cette logique mortifère.

 

Donc faites vous votre idée, évitez les grandes surfaces et préférez les marchés.

 

(1)   en dernier mais pas le moins important, expression courante outre manche.

(2)   On épuise se richesses de façon inconsidérée, ce qui va poser des problèmes insolubles pour nos enfants (eh oui, dans 20 ans)

(3)   Au Japon : 600 000 € pour 300 m2 et 45 000 € de frais annuels de fonctionnement (énergie, chimie, etc.)