Rouler "vert", ou le grand art du "green washing" (voir aussi Manger Bio)

 

Que veut-on nous faire croire ? Que l'on peut continuer à faire ce que l'on veut comme on veut, ou on veut et n'importe comment sans conséquences pour notre environnement ?

 

Petit retour en arrière, rappelons nous les bombes aérosols, il y a 10 ans, on change le gaz propulseur (les fameux CFC) puis on ajoute une étiquette "protège la couche d'ozone". Mais quel culot : je suis à côté de vous sur le quai et je vous protège parce que je ne vous pousse pas sous le train qui arrive, voilà ce que signifie cette phrase. Il aurait fallu écrire "Ne détruit pas la couche d'ozone", mais les financiers et publicitaires ne reculent devant rien pour nous faire acheter.

 

"Roulez vert", le procédé est identique, comment peut-on prétendre qu'on peut continuer à

v      extraire du minerai d'acier ou d'aluminium (+ de 500 kg de métal par voiture)

v      fabriquer des pneus

v      construire toujours plus d'autoroutes et de routes et rond points

v      installer toujours plus de radars

v      mettre toujours plus de gendarmes sur les routes

v      extraire de l'uranium pour les centrales nucléaires qui alimenteront les hypothétiques millions de voitures électriques

v      fabriquer des millions de batteries (+ de 200 kg par voiture électrique)

v      extraire toujours plus de pétrole

v      tuer 4 à 5000 personnes par an et en blesser plus de 100 000

v      etc., etc.

 

pour des trajets dont l'immense majorité ne dépasse pas 3 km. Une ancienne étude américaine (années 70) indiquait que l'américain du nord ne se déplaçait pas plus vite (tous déplacements confondus) qu'un africain à pied (7 km/h) si l'on compte le temps passé à travailler pour payer tout ce qui est énuméré ci-dessus.

 

Donc, on veut nous faire croire qu'il faut continuer comme ça en émettant 10 ou 20 % de CO2 en moins, quelle dérision.

 

Alors qu'on supprime les transports en commun (qui sont hélas vides), qu'on prend sa voiture pour aller faire du sport en salle de gym, qu'on suit des régimes faramineusement chers parce que l'obésité guette.

 

Notre société marche sur la tête.

 

Si les décideurs de notre pays (et mondiaux) sont incapables de comprendre ceci, alors c'est à nous, citoyens de la planète, d'inverser la vapeur. Redécouvrons la marche à pied, le vélo, le train et l'autobus, le groupage pour diviser par 2 ou 3 nos déplacements en voiture. Redécouvrons nos régions au lieu de penser vacances (ou week end) au bout du monde (quoi de plus ressemblant qu'un Club Med à Tahiti qu'un club Med au Sénégal, hormis la couleur de peau de la femme de ménage). Réinventons la simplicité riche.